Jeanne Vicerial, Doctorante SACRe (Paris Sciences & Lettres (PSL) research university Paris), a déjà un parcours très affirmé en design, innovation et mode.

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Jeanne Vicerial – CréditPhoto@CliniqueVestimentaire.com

Dans le cadre de ses études en métiers d’art (option costumier-réalisateur), elle travaille initialement sur la création de vêtements et de costumes de scène sur-mesure. Puis, en intégrant l’Ecole nationale des Arts décoratifs, elle est alors amenée à travailler sur des mannequins respectant les normes du prêt-à-porter (taille 36 à 42).

Souhaitant réconcilier ces deux démarches, le sur-mesure et le prêt-à-porter, elle décide d’engager des recherches autour de la question suivante : comment intégrer le sur-mesure dans la conception vestimentaire ?

Jeanne Vicerial étudie la silhouette féminine de 1780 à nos jours, s’intéresse de très près à l’anatomie humaine, rencontre des chirurgiens pour affiner ses recherches qui aboutissent à la réalisation d’un modèle musculaire textile. Elle fonde alors les bases de la Clinique vestimentaire, un studio de création qui met l’innovation, le corps et le vêtement au coeur de ses recherches.

En effet, il ne s’agit pas d’adapter le corps au vêtement mais au contraire, de créer un corps artificiel par le vêtement.

Elle crée alors une robe faite d’un seul et même fil de 466 kms, qui reproduit la fibre musculaire puis, un autre prototype de 150 kms/fil, qui reprend la forme de l’épine dorsale.

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Jeanne Vicerial – Clinique Vestimentaire – Photo@ensadlab.fr

L’aiguille traditionnelle de couturière n’étant pas suffisante, réaliser ces modèles nécessite non seulement l’utilisation d’outils de chirurgien adaptés mais aussi, l’injection de résine avec des seringues spécifiques.

Même si la matière utilisée est très économique, d’autant plus que Jeanne Vicerial utilise des bobines de fil inutilisées de maisons de couture, réaliser un tel vêtement est particulièrement consommateur de temps et nécessite plusieurs mois de recherches et de travaux.

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Jeanne Vicerial – CréditPhoto@TheCut.com

A tout problème, une solution, Jeanne Vicerial travaille aujourd’hui de façon étroite dans le cadre de sa thèse avec 35 ingénieurs du département de mécatronique de l’Ecole des Mines, afin d’industrialiser sa démarche en créant un robot spécifique.

C’est ainsi qu’un nouveau concept naît : le prêt-à-mesure, qui allie avec génie processus artisanal et innovation.

Il s’agit en effet de mixer l’approche individuelle du sur-mesure, tout en facilitant la fabrication des vêtements prêt-à-porter et ce, grâce à cette nouvelle machine innovante, répondant également à l’objectif de développement durable, cher à Jeanne Vicerial.

Comme elle soutiendra sa thèse à l’automne prochain, il nous faudra donc patienter encore quelques mois pour en savoir plus.

Dans l’attente, il est déjà possible de découvrir quelques pièces de sa première collection conçue avec Jennifer Chambaret, co-fondatrice, depuis 2016, de la Clinique vestimentaire.

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Jeanne Vicerial – CréditPhoto@CliniqueVestimentaire.com
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Jeanne Vicerial – CréditPhoto@CliniqueVestimentaire.com
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Jeanne Vicerial – CréditPhoto@CliniqueVestimentaire.com

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