Fashion Week & Diversité : où sont passées les mannequins de plus de 50 ans ?
Depuis 2014, le site de mode américain The Fashion Spot réalise un bilan de la diversité lors des défilés des principales Fashion weeks (New-York, Milan, Londres, Paris), en termes de couleur de peau, de genre et d’âge (50 ans et +).
Alors que la Fashion week de Paris vient tout juste de s’achever, The Fashion Post dresse un premier bilan de celle qui s’est tenue à New-York du 6 au 14 septembre dernier.
Bien que la presse spécialisée titre sur une amélioration globale de la diversité sur les podiums, force est de constater qu'il n’en est rien sur la diversité liée à l’âge.
On peut même se demander où sont passées les mannequins de plus de 50 ans ?

Mannequins « Jeuniors » : une représentativité en baisse ...
Malgré la présence de quelques mannequins sexagénaires emblématiques (Coco Mitchell, Pat Cleveland, Maye Musk,... ), les femmes de plus de 50 ans étaient la seule catégorie à avoir une représentation (déjà faible !) en baisse cette saison, avec 0,65% des castings (au lieu de 0,68% l’année précédente).
En effet, lors des récents défilés de septembre 2019 (collections printemps 2020), 15 mannequins âgés de plus de 50 ans ont participé à un total de 10 défilés, au lieu de 13 défilés au printemps dernier (collections Automne 2019).
Quelques marques, Deveaux ou Christian Siriano, déjà connues pour leur engagement en terme de diversité d'âge, l'ont confirmé une nouvelle fois. Mais à l'inverse, certaines grandes marques de mode sont en retrait par rapport à la saison dernière (Marc Jacobs, Hellessy, Collection Michael Kors, Naeem Khan).
Pour compléter ce tableau déjà peu « silver » , le phénomène se répète également dans les campagnes de publicité. Là encore, les campagnes de l’automne 2019 ne comprenaient que 10 modèles âgés de 50 ans et plus (2,16%), contre 15 (2,84%) une saison plus tôt.
Avec des taux aussi faibles, on peut dire que la représentation des mannequins « quinqua et + » est de manière générale, au point mort.
Même si la diversité ne se mesure pas uniquement avec ces indicateurs, c’est surtout un signal négatif adressé aux générations quinquagénaires et sexagénaires, pourtant en pleine croissance et en pleine évolution en terme de consommation mode. (Podcast « Prendre en compte les seniors dans l’univers de la mode »)
Les Fashion weeks de 2018 avaient pourtant montré quelques avancées sur ce sujet. Aujourd’hui, les marques se focalisent sur la transition écologique, sans tenir compte de la transition démographique en cours.
Lors des récents défilés parisiens, on peut néanmoins féliciter Balenciaga, Mugler ou Marine Serre, pour leur ouverture au sujet de la diversité liée à l'âge.
Les Fashion weeks européennes et, plus particulièrement celle de Paris, seront-elles un jour pionnière sur ce sujet ? A (re)penser !


Pour consulter le rapport complet :
The Fashion Spot - Rapport Diversité - 30 sept 2019
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Interview d’En Mode Création(s) par Bolderama : « Sois mode et ouvre la ! »
Interview d’En Mode Création(s) par Bolderama : « Sois mode et ouvre la ! »
Ne peut-on pas s’habiller comme on l’a toujours fait par ce que l’âge nous obligerait à penser la mode différemment ? Est-ce véritablement un problème d’âge ?
Le vêtement est un moyen de définir son identité. Il donne des indications sur la perception par une personne, de son propre corps et sur la manière dont elle veut apparaître socialement. Le vêtement peut être significatif de qui l’on veut être (ou ne pas être).
A priori aujourd’hui, on pourrait penser qu’une personne peut s’habiller comme elle le souhaite, quels que soient son âge et sa morphologie. Ce qui suppose qu’elle peut porter ce qu’elle veut tant qu’elle l’assume vis-à-vis d’elle-même et vis-à-vis autres.. Évidemment, ce n’est pas aussi simple.
La glorification de la jeunesse, telle qu’elle est véhiculée par l’ensemble de la société et en premier lieu par les médias et la mode, pousse les personnes qui vieillissent à se conformer à l’idée qu’elles ne peuvent plus s’habiller comme elles le souhaitent. Les jupes se rallongent, de même que les manches. On réduit également la profondeur du décolleté. Au final on cherche à cacher progressivement tout ce qui peut caractériser le vieillissement.
A part quelques rares icônes comme certaines célébrités (Sharon Stone, Isabelle Huppert, Nathalie Baye) ou comme l’exceptionnelle Iris Apfel aux Etats-Unis (97 ans), ou quelques femmes seniors qui ont créé leur blog mode, les mannequins des magazines ont moins de 40 ans, voire moins de 30 ans. Par conséquent, en vieillissant, en matière de modes ou de tendances, les personnes ont beaucoup moins de références vestimentaires que lorsqu’elles étaient plus jeunes.
Alors qu’en fait, l’âge en lui-même influe moins sur la façon dont on s’habille que le mode de vie : A-t-on une activité ou pas ? Vit-on en milieu urbain ou à la campagne ? Est-on voyageur ? Est-on plutôt hédoniste ou fataliste ? etc.
C’est en effet essentiellement notre mode de vie qui va influer sur nos choix. Si nous pouvons garder un goût pour la mode quel que soit notre âge, la question qui prédomine est plus celle de savoir comment rester élégant(e) malgré l’évolution du corps et de sa morphologie...
Pour lire la suite de l'interview, cliquez ici : Interview En Mode Création(s) par BOLDERAMA 2 SEPT 2018
Pour plus d’informations :
- Les Bolders
- @CultureBolders @Le_Bolderama

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Fashion Tech - Iris Van Herpen : S’inspirer de la nature et la révéler
Fashion Tech : l’un des enjeux du secteur de la mode concerne l’innovation.
Comment intégrer fashion tech et innovation ? Comment les articuler avec des savoir-faire parfois ancestraux ? Quel va être leur impact sur les métiers de la mode ?

De jeunes créateurs s’emparent de ces questions avec passion et nous démontrent que fashion tech et innovation peuvent être une formidable opportunité et une source d’avancées évidentes dans les processus de création et de production.
Iris van Herpen, par exemple, démontre par son talent qu’innovation, mode, éthique et prise en compte de l’humain ne sont pas incompatibles, en apportant également beaucoup de transversalité à ce secteur traditionnellement fermé à d’autres disciplines.

Qui est Iris Van Herpen ?
A moins de 30 ans, Iris Van Herpen crée sa Maison de couture en 2007. Dès 2011, elle présente ses collections lors des défilés Haute-Couture parisiens et en 2012, ses créations font déjà l’objet d’expositions dans les musées.
Ce qui mérite d’être souligné, puisqu'il est en effet assez exceptionnel que l’oeuvre d’un styliste soit reconnue et exposée de son vivant dans les musées.
La particularité d’Iris Van Herpen est de réussir à faire cohabiter les gestes artisanaux de la couture et la Fashion Tech, via des nouveaux matériaux, l’utilisation des nouvelles technologies et son ouverture à d’autres disciplines.
Dans son atelier, elle associe ainsi à son processus de création aussi bien des artistes, que des scientifiques, des plasticiens, des ingénieurs, des informaticiens, des architectes, des biologistes ou des chimistes.
Sa démarche est à la fois de donner une forme matérielle à l’immatériel et d'explorer l’essence de la matière.
Quelques modèles de ses collections ...

Par exemple, dans sa collection "Refinery Smoke" (juillet 2008), elle a voulu reproduire l’image de la fumée industrielle formant un nuage qu’elle voyait de sa fenêtre d’atelier. Elle utilise alors des fils métalliques qu’elle va transformer en une nouvelle matière très douce et pliable.

Avec sa collection « Crystallization » (juillet 2010), elle va exprimer sa fascination pour l’eau avec des impressions 3D réalisées à partir de dessins travaillés avec des architectes du Centre d’Architecture d’Amsterdam.

Les robes sont comme des éclaboussures d’eau et vont symboliser les différents états possibles de l’eau.

Pour ses collections, qui s’inspirent essentiellement de la nature, elle utilise les techniques de dentelle, et des matières comme le cuir, mais également des fibres en polyamide ou des feuilles d’acrylique. Elle privilégie la forme, la lumière et le mouvement et utilise très peu la couleur.

Sa nouvelle collection Haute-Couture 2018 intitulée "Ludi Naturae" a été présentée lors de son défilé au Musée d’Histoire naturelle à Paris. Avec cette collection, Iris van Herpen examine les paysages naturels ou façonnés par l'homme comme vus du ciel par un oiseau.

Certaines pièces de ses collections Haute-Couture sont des prototypes comparables à des sculptures qui peuvent être difficiles à transporter (voire même à porter!), sauf dans certaines occasions par des artistes comme Bjork ou Beyoncé, mais pour rendre sa démarche plus « accessible », Iris van Herpen a également créé sa collection de Prêt-à-porter qui s’inscrit dans la continuité de ses lignes Haute-Couture, tout en y apportant une pointe de simplicité ... (au moins en apparence !)

Pour plus d’informations
Lien internet : The New Yorker - Iris Van Herpen’s Hi-tech Couture
Lien internet : FashNerd : IvH Experiments with technologies to brig her avant-garde collections to life
Pour d’autres articles sur le thème Mode et innovation
Le prêt-à-mesure, le concept textile innovant de Jeanne Vicérial
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